Créé en 1990 le Laboratoire de changement social de l'université Paris 7 – Denis Diderot
est composé d'une équipe d'accueil de chercheurs en sciences sociales et humaines venant d'horizons théoriques et culturels divers, qui s’intéressent aux transformations de nos sociétés.

 

Les activités du LCS
 
 
 

Depuis sa création comme jeune équipe, le Laboratoire de changement social de l’Université Paris 7 a développé un programme de recherche en s'appuyant d'une part sur des recherches de terrain, d'autre part sur des groupes de réflexion collectifs sous la forme de séminaires ou workshops.
Les recherches empiriques ont conduit les chercheurs sur différents terrains, dans des entreprises publiques et privées et dans différentes institutions sociales, sanitaires, judiciaires et culturelles. Par ailleurs, nous avons organisé une vingtaine de groupes d'implication et de recherche rassemblant environ 300 personnes en France et à l'étranger autour de différents thèmes concernant le rapport à l'argent, à l'insertion professionnelle, à l'idéalité et à la honte. Une dizaine de contrat de recherche ont été menés en collaboration avec la MIRE, la CAF, le Ministère du travail, le Louvre, le CNRS et le Ministère de la culture. Ces différentes activités ont permis d'insérer de jeunes chercheurs, français et étrangers, afin de favoriser leur formation et leur intégration dans le milieu de la recherche. Quinze d'entre eux ont soutenu leur thèse depuis 4 ans et quatre autres leur habilitation à diriger des recherches. Nous comptons actuellement 21 doctorants. Nous participons également aux activités de l'École doctorale ESEC : Espace, Société, Économie et Civilisation, ainsi qu'aux enseignements de troisième cycle dans le cadre du DEA de sociologie du pouvoir et du DESS Théories et pratiques de l'intervention.
Les différents travaux du laboratoire ont fait l'objet de nombreuses publications, une quinzaine d'ouvrages, la participation à vingt-cinq ouvrages collectifs, une cinquantaine d'articles dont vingt publiés dans des revues à comité de lecture en France et à l'étranger.
Le LCS a un rôle important dans le développement d'une réflexion épistémologique, théorique et méthodologique autour de l'approche clinique en sociologie. Reconnu comme Comité de Recherche par l'Association Internationale de Sociologie (AIS) et par l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF), nous avons joué un rôle actif dans l'organisation des rencontres annuelles de ces deux comités et avons contribué à la publication d'articles et d'ouvrages faisant l'objet d'une collaboration internationale. Un numéro d'International Sociology est entièrement consacré sous notre direction à la sociologie clinique.
Depuis 1996, nous avons publié 7 numéros des cahiers du Laboratoire de Changement Social qui rendent compte de nos travaux, de la confrontation entre différents courants de la sociologie, ainsi que de rencontres organisées dans le cadre d'un séminaire interne du laboratoire sur le thème ''Histoires de vie et choix théoriques''. Cette initiative a un double objectif : d'abord inviter des chercheurs confirmés à réfléchir sur les liens entre leur trajectoire sociale, leur histoire familiale, leurs options disciplinaires et le choix de leurs objets de recherche ou de leurs terrains ; puis contribuer à l'histoire de la sociologie à travers les témoignages d'un certain nombre de ses représentants.
Équipe homogène et diversifiée, le Laboratoire accueille des chercheurs de disciplines autres que la sociologie (philosophie, histoire, psychologie, économie, anthropologie, sciences politiques, sciences de l'éducation) qui s'intéressent en particulier à l'approche clinique en sciences sociales.

Ces différentes activités, en France et à l'étranger ont permis de constituer un réseau de chercheurs dynamique qui se traduit par des échanges inter-universitaires actifs avec une quinzaine de pays (invitations, conférences, accueil de doctorants et de post-doctorants, programmes de recherche communs, publications…)
Le projet du Laboratoire est de mettre en évidence la place du sujet (individuel et collectif) dans le changement social : d'une part sujet créateur, agent d'historicité et d'autre part sujet des transformations sociales.


L'équipe se réfère à une double orientation : d'une part les théories et méthodes de l'approche clinique en sciences humaines, supposant une co-construction du sens avec les acteurs concernés par les phénomènes étudiés, et d'autre part les théories et méthodes de la sociologie d'orientation critique, en référence en particulier à la tradition de l'émancipation de la philosophie morale et politique. La confrontation de ces deux orientations, différentes et en tension, permet de prendre en compte tant le sujet psychique que le sujet social-historique, d'élaborer des liens entre ce que le Collège de Sociologie avait autrefois nommé L'être de l'homme et l'être de la société.


La sociologie du pouvoir et la sociologie des sentiments sont deux domaines explorés et approfondis dans les différents travaux du laboratoire. Elles ont permis de tisser des liens privilégiés avec d'autres laboratoires, en particulier de Paris 7.
Le pouvoir, et de façon plus large les rapports sociaux de domination et de soumission, sont appréhendés dans les rapports entre classes sociales, entre sexes, entre cultures différentes, entre groupes à l'intérieur d'organisation et institutions. Cette conception du pouvoir permet d'examiner les conduites de résistance et de défenses qui peuvent être élaborées contre ces changements, dans leurs soubassements économiques, politiques et psychiques. L'attention aux phénomènes de pouvoir suppose aussi l'analyse des conflits (d'intérêts, de sentiments, de visions du monde) dans une société différenciée et inégalitaire. Enfin, cette perspective prend en compte la façon dont la réalité sociale est construite et se trouve représentée. D'où l'intérêt pour l'étude des imaginaires sociaux et de la sociologie de la connaissance.
L'analyse des sentiments et des mœurs (thème qui était tombé en désuétude dans les milieux scientifiques et qui retrouve sa place aujourd'hui), est inscrite dans une lignée qui va de Lévy Bruhl à Elias, en passant par Mauss, Simmel et Gurvitch. Cette sociologie s'intéresse aux modes de vie les plus concrets, aux normes structurant les pratiques sociales, à l'expression des émotions, aux sentiments sociaux et aux passions collectives. En effet, chaque société, à un certain moment de son évolution, présente une manière typique de définir et d'accepter les modes d'être, les mythes et les rituels collectifs.
Les thématiques de recherche sur lesquelles travaille l'équipe du Laboratoire peuvent être caractérisées selon trois axes, explorés pour eux-mêmes ou dans leur articulation.

 

1- Sentiments sociaux et passions collectives

Le Laboratoire de changement social porte une attention à la manière dont les acteurs vivent les processus de changement. Ces processus s'expriment, plus ou moins directement, dans des modes d'instruction, d'éducation et de formation qui ont pour objet de façonner les identités individuelles et collectives. Les acteurs sociaux ne sont pas des sujets passifs se contentant d'incorporer des habitus. Ils ont des conduites différenciées, auxquelles ils donnent un sens, ils élaborent des normes et se définissent par rapport à celles qui existent, ils pensent leurs actions, ils éprouvent des sentiments et souvent même des passions collectives.
Aussi des phénomènes comme la reconnaissance, le respect, la considération, le mépris, l'amour, la haine, l'envie, la révolte… apparaissent comme des indicateurs forts du type de relation qui s'établit dans la société.

 

2- Enjeux culturels du changement social

La culture trouve sa première expression symbolique dans les modes de vie, qui permettent d'analyser dans leurs dissemblances et dans leurs ressemblances divers groupes sociaux (groupes régionaux, ethniques, organisationnels…). L'étude de ces cultures ou de ces micro-cultures (au sens anthropologique du terme) a pour ambition de montrer leurs spécificités comme leur mode d'articulation (processus d'acculturation, de déculturation, de repli communautaire…) et les stratégies variées qu'elles utilisent pour affirmer leur identité ou pour s'en défaire.
La culture s'énonce également dans des discours déclaratifs (Passeron), dans des idéologies, dans des doctrines visant à fournir un sens collectif aux acteurs sociaux, en ayant ainsi une fonction de réassurance et de rassemblement. Nous avons étudié à différentes reprises certaines idéologies significatives de notre temps, telles que les idéologies managériales. Enfin la culture n'existe pas sans un corpus d'œuvres : la création et la réception esthétique, l'édification d'un savoir collectif sont analysées dans leur rapport aux mutations sociales.


Ainsi, l'exploration des phénomènes culturels est-elle associée à l'analyse des phénomènes sociaux.

 

3- Conflits, crises et processus de régulation


En se référant aux théories de la régulation, le Laboratoire se situe au-delà d'une perspective structuro-fonctionnaliste, dans une conception procédurale de la régulation, de ce qui peut permettre de maintenir dans une même société des éléments en contradiction, en tension, en conflit. Aussi, la régulation est-elle appréhendée comme l'un des choix de sociétés possibles, toujours provisoire et négocié, dans des situations de mutation, de crises violentes ou latentes.


Ces modes de régulation sociale sont étudiés à deux niveau :

* celui de la société globale : les politiques sociales, les politiques de la ville, les modes de partage réels et symboliques, les normes de justice sociale, l'évolution du sentiment national, les mécanismes d'exclusion sociale, les mouvements sociaux de revendication ou de contestation, ont ainsi été l'objet de plusieurs analyses depuis la fondation du Laboratoire et continuent de l'être.

* celui des institutions, des organisations, des groupes : de nombreuses recherches et diverses interventions ont été menées, dans des entreprises, des administrations, des hôpitaux, des écoles, des prisons… Elles ont permis d'étudier in situ des crises et des changements micro-sociaux et d'affiner la théorie des organisations. Elles seront poursuivies et amplifiées.
Les méthodologies développées au sein du LCS ne sont pas définies a priori mais dépendent des objets de recherche, tout en étant toujours étayées par des démarches empiriques. L'équipe a en effet fait sien le principe de mettre la théorie à l'épreuve des faits. Elle entend donc continuer à lier théorie et pratique, recherche et intervention, et à analyser l'articulation entre les processus psychiques et les processus sociaux.

 

   
   
   
Activités scientifiques
 
 
 

 

1) Communications et publications

Le souci de communications des travaux du Laboratoire se traduit à la fois dans la pédagogie et l'enseignement, et par une politique active de diffusion des recherches.

Les membres du Laboratoire animent des collections chez un certain nombre d'éditeurs, en particulier Sociologie clinique, chez Desclée de Brouwer, Vie sociale aux Presses Universitaires de Grenoble. Ils participent également à des comités de rédaction de revues : Revue de l'éducation permanente, Revue Internationale de Psychosociologie, Les Cahiers du LCS et la Revue Lien Social et Politiques.

 

2) Collaborations internationales

Cette politique de communication se développe également au niveau européen et mondial. Un certain nombre de chercheurs étrangers ont été invités, venant en particulier du Canada, des Etats-Unis, du Brésil, de Syrie, de Pologne, de Russie, d'Algérie, du Mexique et du Chili.


Des programmes d’échange et de recherche sont actuellement en cours avec l’Algérie (O. Benbekhti, Université d’Oran), le Brésil (N. Takeuti, Université Fédérale de Rio Grande do Norte, UFRN, Natal et T.-C. Carreteiro, Université Fédérale Fluminense, UFF, Niteroi), l’Uruguay (A.-M. Araujo, Université de la Republica Uruguay – Montevideo ) le Mexique (E. Taracena, Université UNAM, Iztacala, Mexico ), la Russie (I. Massalkov, Université de Lomonossov), la Grèce (K. Navridis, Université d’Athènes).

Une recherche sur les institutions éducatives et les processus de changement au Brésil est menée en collaboration avec le Secrétariat de l’Education de l’Etat de Penambuco (COFECUB)

Le LCS anime des réseaux de chercheurs au niveau international :

* Le réseau ''Rencontre dialectique''. Créé en 1988 à Spetses (Grèce), il rassemble 150 chercheurs . Ce réseau s'est constitué en association en 1989. Il regroupe des chercheurs et des praticiens de sciences sociales et humaines (sociologie, psychologie, psychiatrie, psychanalyse, sciences de l'éducation, psychosociologie) tous intéressés par les frontières et les articulations entre le social, le psychique et le corporel. Principalement européen (France, Grèce, Portugal, Belgique, Suisse), ce réseau s'étend actuellement à d'autres chercheurs, en particulier au Brésil et au Canada. Un ouvrage collectif rend compte de ces travaux (L'aventure psychosociologique, 1997, éd. Desclée de Brouwer )
* Le groupe de sociologie clinique : les chercheurs du Laboratoire sont particulièrement actifs dans un réseau de sociologues cliniciens qui se réunissent dans le cadre de l'AISLF (Association internationale des sociologues de langue française) et de l'AIS (Association internationale de sociologie). Le groupe de sociologie clinique a été reconnu en 1992 comme comité de recherche permanent par ces deux associations.

 

3) Cours et conférences

Les membres du Laboratoire dispensent une série de cours et de conférences dans des universités étrangères. Ils participent régulièrement et activement à l'organisation des rencontres de l'AIS, de l'AISLF et de l'International Society for the Psychanalytic Study of Organisation.

 

4) Cycle Roman familial et trajectoire sociale

Le Laboratoire de changement social organise régulièrement des groupes d'implication et de recherche centrés sur les histoires de vie des participants à partir des thèmes suivants : Histoires d'argent, Roman familial et trajectoires socioprofessionnelles, Face à la honte…

Au carrefour de la sociologie, de la psychanalyse et de la phénoménologie, la méthode de travail de ces groupes explore, à partir de supports verbaux et non verbaux, l'histoire familiale, sociale et personnelle des participants à partir des thèmes suivants : Histoires d'argent, Roman familial et trajectoires socioprofessionnelles, Face à la honte…

Au carrefour de la sociologie, de la psychanalyse et de la phénoménologie, la méthode de travail de ces groupes explore, à partir de supports verbaux et non verbaux, l'histoire familiale, sociale et personnelle des participants.

   
   
   
Les membres du LCS
 
 
   
Pierre-Jean ANDRIEU
Professeur associé
Université Paris 7 - Denis Diderot
lcs@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 62 92 (secrétariat)
 
 
Pierre ANSART
Professeur émérite des universités
Université Paris 7 - Denis Diderot
lcs@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 62 92 (secrétariat)
 
 
France AUBERT
Maître de conférences
Université Paris 7 - Denis Diderotaubert@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 63 77
 
 
Nicole AUBERT
Professeur
École Supérieure de Commerce de Paris
aubert@escp-eap.net
33 1 49 23 20 96
 
 
Jaqueline BARUS-MICHEL
Professeur
Université Paris 7 - Denis Diderot
jbarus@wanadoo.fr
33 1 44 27 86 15
 
 
Frédéric BLONDEL
Chargé de cours
Université Paris 7 - Denis Diderot
 
 
Jean-Philippe BOUILLOUD
Professeur
École Supérieure de Commerce de Paris
bouilloud@escp-eap.net
33 1 49 23 20 97
 
 
Martine CHAUDRON
Maître de conférences
Université Paris 7 - Denis Diderot
chaudron@paris7.jussieu.fr
01 44 27 78 27
 
 
Eugène ENRIQUEZ
Professeur Emérite
Université Paris 7 - Denis Diderot
lcs@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 62 92 (secrétariat)
 
 
LAURENT FLEURY
Maître de conférences
Université Paris 7 - Denis Diderot
01 44 27 63 77
 
 
Emmanuel GARRIGUES
Maître de conférences
Université Paris 7 - Denis Diderot
mhgarrigues@aol.com
01 44 27 54 02
 
 
Vincent de GAULEJAC
Professeur, directeur du LCS
Université Paris 7 - Denis Diderot
gaulejac@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 68 68
 
 
Gérard GUENAT
Secrétaire et administrateur du LCS
Université Paris 7 - Denis Diderot
guenat@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 62 92
 
 
Véronique GUIENNE
Professeur
Université de Nantes
veronique.guienne@wanadoo.fr
 
 
Alain LE GUYADER
Maître de conférences
Université d'Évry
 
 
Claudine HAROCHE
Directrice de recherche au CNRS
 
 
Dominique LHUILIER
Maître de conférences
Université Paris 7 - Denis Diderot
lhuilier@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 82 94
 
 
Numa MURARD
Professeur, directeur de l'UFR de Sciences Sociales
Université Paris 7 - Denis Diderot
murard@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 85 97
 
 
Frédérique REYNAUD
Assistante
Université Paris 7 - Denis Diderot
reynaud@paris7.jussieu.fr
33 1 44 27 76 86